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Les sentiers de la mémoire  

Annuaire des sites d'histoire de village
 par Gilbert Delbrayelle

C'est quand qu'on va où ?
Billet d'humeur

 

Respecter le passé pour irriguer l'avenir
 

En 1954, date de ma naissance, le village d'Havernas était au creux de la vague au point de vue démographique avec 138 habitants. Il avait conservé les paysages anciens lentement modelés par les défricheurs primitifs puis par des paysans respectueux du passé et soucieux des générations futures .
  Enfant,dans les années 50 et 60,  j'ai souvent passé mes vacances à Havernas.
>J'ai gardé en mémoire le paysage intact d'autrefois.
>J'ai connu des anciens ( mon grand-père René Clabaut en particulier ) qui pouvaient me parler de leurs arrières-grands-parents et ainsi remonter la chaîne du souvenir jusqu'au milieu du 19° siècle.
>J'ai parcouru des éléments du paysage aujourd'hui disparus : les rideaux du " chemin de Doullens, le " chemin de la Gressière ", les pâtures en pente qui descendaient de ce chemin jusqu'au bois de Wargnies, le petit chemin qui menait à la pâture dans les " Faux Quois "...
  A l'aube du 21° siècle, le village a retrouvé la croissance démographique et la population s'est profondément renouvelée. Les témoins du passé sont maintenant très minoritaires.
Partout, dans le monde, les années 80 et 90 auront privilégié le présent. Il fallait produire, il fallait donc re-mem-brer !CQFD !
  Le remembrement, certes nécessaire , n'a pas eu que des aspects positifs.. En quelques années ont été effacées des traces millénaires. On s'aperçoit maintenant que les rideaux, les haies,les chemins, les talus et les bosquets avaient une utilité incontestable. Et puis , l'agriculture engendrée par la logique du remembrement et du rendement ne profite qu'à quelques gros exploitants dans chaque village. D'autre part, les problèmes actuels de la société trouvent aussi leur cause dans la désertification des campagnes .Désertification qui n'est pas seulement démographique ( puisque Havernas a vu sa population augmenter) mais qui est surtout une désertification d'activités.
  Le site naturel superbe du village ne peut-être que l'élément moteur du développement.

( Gilbert Delbrayelle - janvier 1998 )

 

La pensée unique et le monde rural
 

     Quel temps!Les semis sont en retard car le printemps est très pluvieux. Le mois d’avril a battu des records de pluviosité... Ah bon !? Mais où est passé l’eau ?Les nappes phréatiques sont au plus bas et la Nièvre ne coule plus. On nous dit que les pluies d’avril n’atteignent pas la nappe mais sont utilisées par la végétation mais nous avons eu aussi un hiver pluvieux.

Il semble plutôt que les responsables de ce déficit en eau soient les agriculteurs qui pompent sans vergogne dans la nappe pour alimenter des cultures par ailleurs "gonflées" d’engrais et de pesticides. (Le blé prêt à être semé ressemble beaucoup au blé empoisonné pour les rats). Comment les agriculteurs peuvent-ils se permettre de creuser des puits "personnels" pour confisquer un bien si précieux qui appartient à tous. Il est temps de réglementer ce pompage voire de l’interdire. Il est temps de revenir à une agriculture plus saine qui se révèlera d’ailleurs plus sociale en ce sens qu’elle apporterait un regain d’activité dans les campagnes.

La pensée unique a dit : "produisez, arrachez les haies, remembrez, poussez les talus, supprimez les prairies, soyez performants... rendements... quintaux....quintaux....TILT! Trop de lait, plus de prairies, trop de beurre, trop de choux-fleurs, trop de pommes de terre, trop d’hommes pour cultiver la terre... Il ne restera bientôt plus qu’un ou deux agriculteurs dans chaque village qui auront confisqué le paysage, la qualité et l’eau.

 ( Gilbert Delbrayelle - avril 1998 )

 

Respecter le paysage
 

    Assurément, le village d'Havernas a toujours été niché dans un écrin de verdure. Les lieux-dits nous rappellent les haies ( "Derrière les haies", la haie Labesse", "la haie galette", "la haie à fraises"), les prés ( "prés de la ruellette", "prés du dessous", "les prés viviers"..) ou les bois ( "les boisseaux", "l'arbrisset"," la Garenne", "au bout du bois"...) . Il est indispensable de conserver le paysage du village picard et il conviendrait même actuellement de le renforcer .
    Le village picard ressemble à un gros bouquet d'arbres coloré par les toits des maisons disposés harmonieusement. Le symbole paysager central du village restera l'église puis les  habitations sont entourées par une ceinture verte composée successivement des jardins, des prairies plantées de pommiers et des haies basses rehaussées de frênes, d'ormes ou de chênes. Des sentiers complétaient autrefois l'ensemble en faisant le tour du village et en reliant les différents lieux.
    Cette ceinture verte a beaucoup reculé : les haies ont été arrachées pour augmenter la productivité, les pommiers se font rares et ne sont pas remplacés, les prairies disparaissent et les jardins sont devenus pelouses et sont "cernés" d'horribles murs rectilignes de cyprès ou thuyas. Quant aux maisons qui se cachent derrière ces maudits conifères, on ne peut pas dire qu'elles renforcent l'image du village picard. Il me semble que la DDE, si souvent décriée quand elle nous met des bâtons dans les roues pour nous empêcher de construire ce que l'on veut, a encore du pain sur la planche si elle veut jouer vraiment son rôle .
    Donner de l'activité aux villages passe peut-être par la restauration du paysage. Une agriculture de qualité , biologique, qui redeviendrait polyculture est à envisager et pourrait amener des élevages en plein air, des vergers, la production de cidre, des activités autour des chevaux...

( Gilbert Delbrayelle - mai 1998 )

 

A lire absolument : "Les champs du possible" de André POCHON

livre1.jpg (37247 octets)  Editions SYROS , coll.Alternatives Economiques 1998

Le plaidoyer pour une agriculture durable d'un agriculteur qui pense dans le bon sens...

     EXTRAIT : "Est-il normal que les aides publiques à la production agricole ( environ 110 000 francs en moyenne par exploitation) soient versées sans contrepartie, alors que cette agriculture perd 70 000 emplois par an et dégrade de plus en plus l'environnement?Sait-on que l'on subventionne (1000 francs par hectare) des agriculteurs qui, en irriguant, assèchent les nappes phréatiques? Que les aides à l'agriculture sont accaparées par une minorité pourtant déjà bien lotie?...Et que le mode de production agricole ainsi encouragé joue contre l'emploi et la survie du monde rural: ce n'est plus la prime à l'aménagement du territoire mais au déménagement du territoire!"

 
Les trente honteuses ( 1970-2000..)

Les années 1945-1975 sont habituellement appelées "les trente glorieuses" pour rappeler la prospérité économique et la vitalité démographique. Malheureusement, à ces années glorieuses, ont succédé trois décennies que les historiens du futur qualifieront peut-être de "trente honteuses".
Trente ans, une génération...
En une génération, l'homme a fait disparaître des traces millénaires de civilisation rurale. En 1932, Gaston Roupnell pouvait encore s'enthousiasmer sur le paysage des campagnes françaises et dans les années 50-60, je parcourais encore ces mêmes champs dans les villages de la Somme. Mais déjà, en 1978, Roger Agache s'emportait contre les ravages de l'agriculture moderne qui empêchaient ses observations aériennes.
En une génération, les "trente honteuses" ont fait la part belle au productivisme et au libéralisme destructeurs. Il fallait remembrer, il fallait produire, il fallait moderniser, il fallait délocaliser, il fallait être mobile et disponible... Ils les ont écoutés... Le village, c'était ringard, ils sont partis, laissant le terroir à deux ou trois gros exploitants par village. En une génération, on a donc laissé dégrader la campagne française pour le profit de quelques-uns, qui, menant une agriculture libérale, ont provoqué la baisse de la qualité, la crise de la vache folle ou encore la pollution des nappes phréatiques.
Les "trente honteuses", c'est aussi le temps de l'uniformisation et de la mondialisation des cultures par la consommation standardisée promue grâce à la télévision. Peut-on encore aller en vacances dans une autre région, dans un autre pays pour rencontrer une culture différente ?
Les "trente honteuses" ont aussi brisé le maillon de la chaîne de la mémoire. Dans certains villages, les anciens ne représentent que dix à vingt pour cent de la population qui est maintenant une population de type urbain, transportant à la campagne les besoins de la ville ( courts de tennis, trottoirs bitumés, bordurage des rues, aménagements du centre de type urbain, massifs fleuris de type urbain, etc...) et se souciant peu du terroir qu'ils parcourent à l'occasion dans un 4x4 aussi inutile que prétentieux et "m'as-tu-vu".
Les "trente honteuses", c'est aussi la bagnole agressive et individualiste, c'est aussi le règne du camion et de la pollution qu'il provoque. Pourquoi n'a t-on pas mis en place le ferroutage ? Mystère !
Les "trente honteuses", c'est aussi l'argent ! Comment un père ou un instituteur peut-il transmettre des valeurs devant l'obscénité et l'impudeur de la répartition des richesses. On refuse un coup de pouce au Smic et on octroie un Smic d'augmentation aux médecins et 60% aux ministres ! On refuse quelques euros d'augmentation aux salariés et on accepte  : des PDG payés 1500 fois le Smic, une héritière qui gagne 2 millions d'euros par jour grâce à ses placements, un Zidane payé 150 000 euros par semaine, des présentateurs incultes à la télévision qui gagnent " des patates" à la pelle...
A côté de cette arrogance du fric et du libéralisme, le village est tout petit : pas d'argent pour son école, pas d'argent pour son développement durable, pas d'argent pour la protection des milieux naturels, pas d'argent pour restaurer l'habitat.
Les "trente honteuses", c'est toujours plus vite pour ne pas penser !
"C'est quand qu'on va où ?" chantait Renaud.

( Gilbert Delbrayelle - août 2002 )

 
Démocratie pour gogos

Après les « trente glorieuses, voici les « trente honteuses » !
Le progrès social est en panne et la régression sociale frappe à notre porte. Depuis la révolution, les générations qui nous ont précédés ont œuvré pour nous offrir des conditions de vie toujours meilleures. Mai 1981 devait venir couronner 2 siècles de combat et offrir enfin l’égalité qui manquait encore à la sainte trinité républicaine. Grande déception ! Nous voilà, sans idéal, vivant  une période que les historiens du futur pourront qualifier de « trente honteuses ». Nous sommes la génération de la honte.
Planète à gogos, démocratie escamotée, régression sociale, le peuple n’aurait-il plus soif d’idéal.

Les médias portent une lourde responsabilité. Ne sont-ils plus le symbole de la liberté ? Ne sont-ils plus le forum de l’information et du débat ? Je crains bien que non ! La grande majorité des médias sont tenus par des privilégiés qui ne connaissent rien à la vie du peuple. Des journalistes aisés, urbains, élitistes, qui intellectualisent les débats pour se faire plaisir ou pire, pour conserver leurs privilèges. Et pendant ce temps, le peuple, vivant sa vie de travailleur qui court après le temps et l’argent, n’a pas les moyens de se défendre… Planète à gogos…
Où est la démocratie ? Où est le vrai débat ?
Les grands journaux télévisés sont le forum du sensationnel : faits divers, grands procès et catastrophes suivies de « cellules psychologiques ». Pendant la campagne présidentielle, on abordait le « débat politicien » avec un invité bien choisi vers 8h 25. Actuellement, alors que l’attaque contre les retraites est lancée, on nous abreuve de la guerre en Irak pendant 35 mn et le seul reportage sur les retraites se résume à 20h35 à ceci : «  1 train sur 2, un métro sur 3, un bus sur 4, 2 trains sur 3, mais heureusement les TGV des privilégiés roulent, ouf ! ». La télévision nous hypnotise : dormez, dormez, je le veux !
Les journaux et les grands hebdomadaires sont le forum du plaisir intellectuel élitiste : éditorial indigeste, débat sur « Le Monde », forums d’intellectuels, dossiers sur la guerre, débats sur les droits de l’homme ou la démocratie. Dormez, dormez, bonnes gens, les grands journalistes pensent pour vous.
Et quand ils abordent les vrais débats, c’est pour nous expliquer calmement, du haut de leurs privilèges, qu’il faut travailler plus et gagner moins. Et le peuple de gogos finit par les croire ! Allons, réveille-toi, peuple !
Si tout ce qui précède est faux, alors, vous les médias, prouvez-le.
Je vous mets au défi d’organiser à la télévision à 20h30, chaque semaine un vrai débat : « le forum de la démocratie ». Pas un débat « Mazerolles-Hollande » ou « PPDA-Balladur » ! Non, un vrai débat avec des vrais invités. Commencez donc par les retraites : vous y inviterez un maçon à 1000 €, un instituteur à 2000 €, un Rmiste, un chômeur, un chauffeur de bus, un ouvrier de Métaleurop, une ouvrière de chez Moulinex, des responsables politiques qui décident pour nous à l’abri de leurs privilèges, des syndicalistes... Chaque invité sera identifié, chaque fois qu’il parle, par sa profession, son salaire et sa future retraite. Peut-être qu’au bout de trois heures de vrai débat, on s’apercevra que le peuple peut travailler moins et gagner plus si les privilégiés acceptent de travailler plus et gagner moins !
 Et puis, tiens, que pensez-vous de Daniel Mermet ou Michel Polac pour animer le débat ?

( Gilbert Delbrayelle - avril 2003 )

 

Culture et humanisme ( extrait de mon discours aux voeux du maire )


Monsieur le Maire, vous m’avez dit plusieurs fois être à l’écoute des préoccupations et des besoins de l’Ecole et je vous en remercie. « Etre à l’écoute » : voilà une belle expression qui devrait être la résolution principale de tous pour l’avenir.
« Etre à l’écoute » : que les parents ne l’oublient pas pour leurs enfants !
« Etre à l’écoute » : que l’Education Nationale ne l’oublie pas pour l’Ecole !
« Etre à l’écoute » : que nos dirigeants qui s’apprêtent à se déchirer en 2007 ne l’oublient pas pour l’Homme !
Les anciens sont partis et nous sommes entourés de jeunes maîtres dont je peux vous assurer de leur qualité et de leur volonté de faire réussir les élèves mais ils sont confrontés, comme nous, à des difficultés dont les racines sont, sans aucun doute, un déficit d’écoute à l’égard de l’essentiel : l’Homme et la Culture.

Oui, l’Ecole se portera mieux si les parents, l’Education Nationale et nos dirigeants sont à l’écoute de l’Homme et de la Culture…

J’adresserai d’abord des vœux en direction des parents ?

Alors, tout le monde connaît la formule : « Elever ses enfants, c’est les élever au-dessus de soi »… J’émets le vœu que tous les parents soient à l’écoute de leurs enfants et donc attentifs à leur éducation, certes, mais aussi, et c’est primordial, attentifs à donner une grande culture à leurs enfants. Donner une grande culture à ses enfants, ça commence par l’apprentissage de la lecture à l’école au CP et au CE1 auquel les parents doivent être particulièrement attentifs. Donner une grande culture à ses enfants, c’est ensuite les immerger dans les livres et l’écrit.
Donner une grande culture à ses enfants, c’est enfin savoir fermer la télévision qui fait beaucoup de mal à nos enfants. Vous savez que le président de TF1 a dit qu’il vendait « du temps de cerveau disponible pour ses annonceurs publicitaires ». Oui, médiocrité et vulgarité sont à la télévision au service de la consommation. Quelle triste occupation pour nos enfants ! Alors, s’il vous plaît, ne faites pas de vos enfants une génération TF1/Auchan.
Fermez donc la télévision et parlez avec vos enfants, lisez avec vos enfants, sortez avec vos enfants et soyez à l’écoute de la culture, de la mémoire, de votre identité…

 Mes vœux pour l’Education Nationale ?

Je dois dire que là, je ne suis pas très optimiste : répéter sans cesse que l’éducation est la priorité et supprimer chaque année des postes ou des crédits, ce n’est pas très rassurant pour l’école. Cette année encore, le compte n’y est pas puisque dans le Pas de calais, on nous annonce 8 créations de postes pour 1000 élèves de plus. Il y aurait beaucoup à dire sur les buts inavoués de certains prétendants à l’Elysée pour introduire la culture du résultat ou la concurrence, pour gérer l’Education nationale comme les entreprises, pour décentraliser l’éducation ou encore sur la LOLF (loi organique de finance) qui n’a d’autre but que de réduire les crédits. Il y aurait beaucoup à dire sur la prise en compte des élèves en grande difficulté. Après la suppression des classes de perfectionnement, on s’achemine vers la suppression des CLIS et on demande à l’instituteur de base (qui n’est pas un enseignant spécialisé) de gérer l’ingérable avec des aides extérieures spécialisées tout à fait insuffisantes. En effet, bon nombre de postes de psychologues, de rééducateurs ou de maîtres spécialisés ne sont pas pourvus et l’instituteur se trouve bien seul face à des classes de plus en plus difficiles.
Mais aujourd’hui, j’aimerais faire un petit clin d’œil à la grammaire…
Il est de bon ton, actuellement, de rappeler sans cesse dans les médias que 15% des enfants entrent au collège avec de grosses difficultés en français. Il serait intéressant que vous consultiez les programmes 2002 pour l’école primaire et là, vous auriez la surprise de constater que sur un horaire de 26 heures hebdomadaires en cycle 3, on trouve 1h30 d’ORL… Aucun parent ne sait ce que c’est l’ORL… Et bien l’ORL, c’est l’observation réfléchie de la langue et ça regroupe la grammaire, la conjugaison, l’orthographe et le vocabulaire. Il faudrait apprendre la grammaire, la conjugaison, l’orthographe et le vocabulaire en 1h30 par semaine. Heureusement, il est précisé que nous faisons de l’ORL en faisant de la littérature, de l’histoire ou de la géographie… Certes, mais je ne comprends pas pourquoi on a peur des mots et là est mon propos. Pourquoi cacher la grammaire ou l’orthographe entre parenthèses ?
C’est si beau l’orthographe et la grammaire !
D’ailleurs, je vous conseille la lecture du livre d’Erik Orsenna : « La grammaire est une chanson douce » dans lequel l’auteur propose un hymne à la grammaire sous la forme d’un conte très rafraîchissant pour notre belle langue française.
Oui, la grammaire est un plaisir !
Oui, les mots sont un plaisir !
Oui, il faut être exigeant dans l’apprentissage des matières !
Non, la rigueur ne tue pas le plaisir !
Et puis pourquoi prendre du temps à la grammaire pour laisser la place à l’anglais qui n’est finalement que la langue du commerce mondial.
Je n’irai pas jusqu’à souhaiter que l’on inscrive au fronton des écoles « liberté, égalité, grammaire », mais si l’on pouvait être un peu plus à l’écoute des mots….

Enfin, quels vœux pour nos dirigeants ?

Nos dirigeants ont finalement le pouvoir de décider dans quelle société nous vivrons à l’avenir et le lien avec l’école est primordial. Parmi les critiques envers l’école qui foisonnent actuellement, on nous rappelle donc sans cesse les 15 % d’illettrés qui entrent au collège et on est souvent tentés de dire « c’était mieux avant ». Ayant moi-même connu le « avant » et le « maintenant ». Je n’accepte pas ses 2 critiques :
> Un récent rapport de l’INSEE donne les chiffres des difficultés en français selon les âges :
- Pour les 18/29 ans, c’est 14 %
- Pour les 50/59 ans, c’est 26 %
- Pour les 60/65 ans, c’est 34 %
Voilà qui met bien les choses au clair
Le problème n’est pas que le niveau aurait baissé ( on vient de le voir), le problème est ailleurs.
Autrefois, au temps des 30 glorieuses, tout le monde trouvait du travail en sortant de l’école quelle que soit sa qualification. Aujourd’hui, le travail va-t-il devenir un privilège rare ? On se glorifie actuellement de baisses de chômage microscopiques alors que chacun sait que les chiffres du chômage sont faux. 2 400 000 n’est que le chiffre officiel de chômeurs qu’on daigne bien accepter de comptabiliser. En réalité, on peut doubler ce chiffre en y ajoutant les chômeurs à temps partiel non-choisi, les chômeurs en formation, les chômeurs en pré-retraite, les stages et autres contrats de misère et tous ceux qui ne sont plus comptabilisés pour je ne sais quelle faute. On n’est pas loin des 5 millions de chômeurs et des 20%. Ajoutons à cela que même le travail ne nourrit plus son homme et que bien des travailleurs ont du mal à vivre décemment de  leur travail. Le problème est bien là : notre société a-t-elle un projet humaniste ? Evidemment non ! Nos dirigeants ont fait le choix de l’économie ; ils ne font pas le choix de l’Homme…
Comment encourager le goût de l’effort et du travail dans de telles conditions ?
Mes vœux pour nos dirigeants, c’est donc qu’ils mettent l’humanisme au programme de 2007 et l’Homme au centre des préoccupations.
                                                                                                                                      
( Gilbert Delbrayelle - janvier 2006 )


 



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