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LES SENTIERS DE LA MEMOIRE

HISTOIRE D'HAVERNAS

Archéologie

havernas.gif (43386 octets)

L'histoire ancienne d'Havernas n'est pas connue et aucune découverte archéologique n'est répertoriée sur le territoire de la commune... La note historique contenue dans la monographie de l’instituteur Tellier en 1897 reste en effet sans suite. Voici ce qu’il écrivait :

" On a trouvé sur toute l’étendue du territoire d’Havernas beaucoup de haches celtiques. Un polissoir pour ces haches a été trouvé dans le bois de Salouël, près d’Havernas. Sur le territoire d’Havernas, entre Bonneville, Naours et Canaples, ont existé des établissements ( ou villas ) gallo-romains ; on a trouvé les fondations et on y a recueilli des monnaies gallo-romaines de Philippe 1° des Antonnins, etc..."

Les prospections aériennes de Roger Agache ont été sans résultat pour Havernas mais cela ne signifie pas qu'il ne se trouve rien à découvrir sur le terroir. Il serait étonnant qu'Havernas ait échappé à l'occupation des villas romaines ou des fermes gauloises ( les "aedificia" dont parle César ) sur les plateaux ou à une installation plus ancienne dans la vallée. Il est donc intéressant d'émettre des hypothèses et de proposer des pistes de recherches.



SOURCES UTILISEES :
    > Les photos aériennes de l'IGN
    > voir la photo aérienne de 1997
    > Le premier plan cadastral de 1832
    > Les cartes géologiques du BRGM
> voir la carte géologique
    > Les prospections sur le terrain
    > Le témoignage oral des anciens
 

Les lettres entre parenthèses dans le texte suivant sont des renvois vers la photo aérienne de 1997 qui nous servira de base dans nos réflexions.

 

1. La rive droite de la Nièvre

La rive droite de la Nièvre pourrait avoir connu l'implantation ancienne d'Havernas au bord de la rivière ou sur le rebord du plateau.

Voici quelques éléments qui vont dans ce sens :

- L'origine étymologique d'Havernas , "are verno" = "devant l'aulne" nous indique sans doute un lieu près de la rivière puisque l'aulne préfère les lieux humides.

- Le plan cadastral de 1832 montre que de nombreux chemins et sentiers se rejoignent sur la Nièvre au lieu-dit
"Au Pont" ( A ). Notons par ailleurs la forme arrondie que prennent , à cet endroit, le chemin de Doullens et le chemin de Canaples, semblant contourner un obstacle (habitation ? bois ?)

- Un peu plus loin, sur le chemin de Doullens, se trouve un lieu-dit
" La Metz"( B ), du latin mansus ( domaine, ferme).

- A quelques pas de là, entre les
"Faux Quois" et "l'Arbrisset" ( D ), la photo aérienne montre des traces blanches, certes difficiles à identifier, mais réelles. D'autant plus que nous trouvons là un lieu de prédilection pour l'installation néolithique : un rebord de plateau avec des terres calcaires pauvres mais faciles à travailler. Notons aussi que le lieu-dit "L'Arbrisset" peut indiquer l'emplacement d'une villa romaine disparue ( un bosquet ayant prospéré sur les ruines ).

- Non loin de là, à
"La Colombière"( C ), il y avait, avant le remembrement, "de nombreux rideaux peu allongés, délimitant des champs moins longs, correspondant sans doute à un système agraire ancien et évoquant les champs dits celtiques, c'est à dire ces champs de l'Age du Fer qui perdurent à l'époque romaine ( Roger Agache-1964 et 1978). > voir photo
Sous la Colombière, deux anciens lieux-dits attirent l'attention :
> "Pont de Wargnies" indique un pont sur la Nièvre permettant d'aller à Wargnies ( donc pour des habitants dont les maisons étaient dans ce secteur
> "La Trappe" : ce lieu-dit indiquerait-il une sortie de souterrains ?


-
Sur
le chemin de Canaples, se trouvent des entrées de souterrains ( E ) , malheureusement rebouchés  depuis le début 2000. Il y a peut-être, sous les "Faux Quois", des souterrains-refuges comme on en trouve beaucoup dans la région.

- Enfin, un four a été mis à jour
( F ), dans un rideau des "Faux Quois
", lors des travaux de remembrement, il y a quelques années ; mais il pourrait être beaucoup plus récent.

>>Voir une photo d'ensemble de 1998

2. Le Hornas

De l'autre côté de la vallée, entre le chemin du Gard et le chemin de Vignacourt, la photo aérienne montre, à l'évidence, des traces de substructions
( G ) qu'il est pour l'instant difficile d'identifier. A cet endroit, existait encore, il y a quelques années, le lieu-dit "Le Hornas" qui fut probablement un domaine ou un hameau ; "Le Hornas" est cité dans les statuts d'Adalard pour l'abbaye de Corbie en 822 au même titre que les villages environnants et c'est encore, à la fin du XIV° siècle, un fief relevant de la châtellenie de Vignacourt. De plus, sous "Le Hornas", se trouvait autrefois le lieu-dit "Le Bouquet de l'Eglise" qui peut aussi indiquer l'emplacement d'une villa romaine disparue (voir remarque plus haut). Notons enfin que nous sommes là dans les terres à limons qui attiraient les implantations des villas.

3. Autres traces sur la photo aérienne

On pourra remarquer aussi sur la photo aérienne de 1997 :
- La trace de l'ancien moulin démoli en 1875
( H )
- La trace de l'ancien chemin de la gressière ( dit vieux chemin d'Amiens) qui a payé son tribut au remembrement en 1986.
( I )
- Sans doute la trace de la villa romaine répertoriée par Roger Agache sur Vignacourt
( V1 )
- La trace d'un enclos agraire au-dessus du "Quesne Baudet" sur le territoire de Vignacourt
( V2 )
 

BIBLIOGRAPHIE :

    > La Somme pré-romaine et romaine (Roger AGACHE - 1978 - Mémoire de la Société des Antiquaires de Picardie t.XXIV ), qui contient une bibliographie importante.

    > Histoire du paysage français, t.1 (Jean-Robert PITTE - 1983 - Tallandier )



 

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